Here Comes the Sun
Nous avons construit des systèmes d’une complexité extraordinaire pour prédire, contrôler et optimiser notre monde. L’intelligence artificielle, nous dit-on, résoudra nos plus grands défis. Pourtant, plus nos machines deviennent intelligentes, plus nous semblons oublier les formes d’intelligence les plus anciennes : celle du soleil diffusant son énergie avec une constance parfaite depuis des milliards d’années, celle des micro-organismes marins perfectionnant leurs architectures lumineuses. L’intelligence n’est pas une invention humaine.
Elle existe aussi dans les communautés humaines quand elles choisissent la coopération plutôt que la compétition, quand elles osent imaginer ensemble d’autres possibles. Car l’imagination est cette faculté proprement humaine qui nous permet de comprendre par bonds spéculatifs, par empathie et créativité.

Solar Protocol © Solar Protocol
Les trois œuvres de cette exposition explorent ces enchevêtrements. À travers les langages visuels du cinéma – narration, montage, pouvoir de l’image en mouvement –, elles activent notre imaginaire et rendent visibles les intelligences invisibles qui soutiennent la vie sur cette planète.
Alice Bucknell nous projette dans Staring at the Sun (2024 – 2025), un futur proche où la géo-ingénierie – ces technologies qui visent à modifier délibérément le climat – est devenue notre dernier pari avec les systèmes planétaires. Le film cartographie le territoire où l’intervention technologique rencontre les conséquences écologiques, où la vanité humaine se heurte à la complexité des systèmes climatiques.
Solar Protocol (2021 – 2025) du collectif du même nom, géré par Tega Brain, Alex Nathanson et Benedetta Piantella démontre qu’un internet solaire est possible. Cette œuvre révèle que la technologie n’est jamais seulement technique : Solar Protocol ne fonctionne que grâce à un réseau mondial de bénévoles. Le système est délibérément fragile, dépendant du soin humain, et reconnaît sa dépendance aux cycles solaires et à la coopération.
Dans Solar panels (Radiolaria series), 2022, de James Bridle, les squelettes de silice des radiolaires – ces micro-organismes ayant perfectionné pendant des millions d’années des formes géométriques captant la lumière – viennent se superposer aux panneaux solaires. Cette rencontre visuelle est une révélation : l’évolution est le programme de recherche le plus sophistiqué sur Terre.
Ces œuvres élargissent le territoire de ce que nous pouvons imaginer. Elles nous montrent que l’innovation ne signifie pas domination, que la technologie peut s’intégrer dans les systèmes écologiques et sociaux, que l’intelligence dont nous avons besoin est déjà là – dans la lumière du soleil, dans les micro-organismes, dans les communautés travaillant ensemble. À nous d’apprendre à écouter, à participer, et à nous laisser guider par les intelligences qui nous entourent !
Artistes
James Bridle, Alice Bucknell et Solar Protocol (Tega Brain, Alex Nathanson, Benedetta Piantella)
Commissaires d’exposition
Françoise Poos et Vincent Crapon
L’exposition est organisée par le Cercle Cité, avec le soutien du Luxembourg City Film Festival.
Avec le soutien du Ministère de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité.
Elektron est soutenu par la Ville d’Esch-sur-Alzette.
Œuvres
Artistes
1A Rue du Curé
L-1368 Luxembourg
Gratuit, sans réservation
Tous les jours 11:00 — 19:00
Accessible pour les personnes à mobilité réduite
cercle-cite.lu










