Terraformation : vision historique, enjeux et limites
Projection suivie d’une discussion entre les réalisateurs Kevin Brennan et Laurence Durkin.
→ Gratuit
→ Réservation
Le documentaire TerraForma raconte l’histoire remarquable de l’île de l’Ascension, un affleurement volcanique isolé dans l’océan Atlantique Sud qui a émergé de la mer il y a un peu plus d’un million d’années, un nouveau-né géologique dans l’histoire de la Terre vieille de 4,6 milliards d’années. Située à environ 1 600 kilomètres de la masse terrestre la plus proche, cette île aride est restée largement sans vie pendant des millénaires un paysage austère de roche volcanique et de cendres avec une végétation minimale, ce qui lui a valu le surnom d’« île de cendres » par les premiers marins. Sa jeunesse signifiait que la vie avait à peine commencé à s’établir lorsque les humains sont arrivés.
Découverte par les Portugais le jour de l’Ascension en 1503, l’île est restée inhabitée jusqu’à ce que les Britanniques y établissent une garnison navale en 1815, suite à l’exil de Napoléon à Sainte-Hélène toute proche. Ce qui a suivi fut l’une des expériences écologiques les plus ambitieuses de l’histoire. Lorsque Charles Darwin visita l’île en 1836 à bord du HMS Beagle, il fut frappé par sa désolation aride et suggéra qu’elle devrait être transformée en un « endroit productif ». Sept ans plus tard, en 1843, le botaniste Joseph Hooker la visita et, encouragé par la vision de Darwin, élabora un plan ambitieux pour transformer le sommet aride de l’Ascension, Green Mountain, en un jardin luxuriant. À partir de 1847, Hooker qui plus tard allait diriger les Jardins botaniques royaux de Kew, organisa l’envoi par navires de plantes, d’arbres et de graines provenant de tout l’Empire — eucalyptus d’Australie, bambou d’Asie, pins de Norfolk du Pacifique — créant un écosystème entièrement artificiel au sommet de l’île.
Ce projet de « terraformation » de l’époque victorienne a remodelé l’écologie de l’île pour répondre aux exigences politiques et économiques de l’Empire britannique établissant une station d’approvisionnement verdoyante pour les navires et un symbole du pouvoir impérial sur la nature mais seulement au détriment de ce qui existait auparavant. Le nouvel environnement, apparemment un paradis, était en fait un mirage : une image miroir de l’ambition victorienne, de l’empire et de la compréhension du monde naturel. Et en tant que tel, il était voué à l’échec de manière inattendue. Beaucoup pensent que les futurs projets de géo-ingénierie de notre planète, ou de terraformation d’autres planètes, suivraient simplement le même schéma.
Avec l’aide d’experts dans les domaines de la géo-ingénierie, de l’écologie, de la politique et du design, TerraForma explore les leçons que nous pourrions tirer de l’histoire unique de l’île de l’Ascension. Que signifie son histoire pour notre planète, dans un futur où les paysages terraformés et les environnements façonnés par l’homme pourraient déformer notre compréhension de la « nature » elle-même ?
Événement gratuit, places limitées
Intervenants : Kevin Brennan, Laurence Durkin
En anglais
Questions et besoins spécifiques : email hidden; JavaScript is required
Titre original : TerraForma
Réalisation / Scénario / Production : Kevin Brennan & Laurence Durkin
Maison de production : Silverstrand Productions
Pays de production : Irlande
Année : 2023
Durée : 62 minutes
Langue : anglais
Sous-titres : anglais
Kevin Brennan est artiste et cinéaste. Son travail explore les liens entre paysage, identité et relation de l’homme au monde naturel. Depuis 2017, il collabore avec Laurence Durkin et signe avec elle, en 2020, le court métrage Undertow. TerraForma marque une nouvelle étape dans leur partenariat créatif, confirmant leur intérêt pour les enjeux écologiques et les récits documentaires novateurs.
Laurence Durkin est un réalisateur de documetaires qui s’intéresse aux récits où s’entrelacent identité, paysage et transformation des environnements naturels. Il travaille avec Kevin Brennan depuis 2017, et leur première réalisation commune, Undertow (2020), a posé les bases d’un langage cinématographique commun. Avec TerraForma, il poursuit cette exploration des tensions entre nature et intervention humaine.
Organisé par Cercle Cité en collaboration avec LUCA — Luxembourg Center for Architecture
| Date | Horaire | Durée |
|---|---|---|
25.03 |
19:00 |
120 min. |


